« C’était une bonne idée il y a six mois ».

C’est une phrase que je me suis beaucoup répété durant cet ultramarin. Quand des gens qui me demandait quel nouveau marathon j’allais faire ce weekend et que je leur disais non pas de marathon mais l’ultramarin et qu’ensuite j’énonçais la distance de 177Km, j’ai eu droit au « aghaaa ? quoi ? combien ? c’est un blague ? mais pourquoi ? 😳», ceux qui me demandaient de répéter, ceux qui comprenaient 77 au lieu de 177, ceux qui me demandaient en combien d’étapes et combien de jours, ceux qui me demandaient si je rentrais dormir chez moi avant de reprendre la course, ceux qui me traitaient de fou, ceux qui restaient incrédules et même un mixte des différentes situations précédemment citées.

Même parmi certains coureurs que je côtoie la réaction oscille et finalement seuls ceux qui ont le même grain de folie que moi comprennent pourquoi. A moins qu’eux aussi soit à la recherche d’une réponse satisfaisante à l’éternelle question : « mais pourquoi ? »

Quoi qu’il en soit, ça reste à ce jour, et sans doute pour un bon moment, incontestablement ma plus grosse course et mon plus grand défi jamais réalisé. Jamais je n’ai été autant fatigué, autant abattu, autant eu envie de dormir, mais aussi autant eu envie d’en découdre, autant continuer à ignorer cette petite voix de connasse dans ma tête qui trouvait que ce rocher était plus doux qu’un matelas en plumes d’oies.  Physiquement et mentalement je suis allé chercher loin pour avancer. Des hauts et des bas il y en a eu. Des moments de joies, d’euphorie, de solitude, de douleurs, de doutes, de larmes …  Je suis passé par toutes les émotions sur ce périple.

J’espère partager avec vous au travers de ce récit mon vécu.

Au plaisir de lire vos commentaires 😉😘

177KM ? Pourquoi pas ?

Six mois que je pense à la course. THE course dirais-je. Moi qui suis adepte de marathons, en enfiler 4 (et des broutilles) à l’affilée, sous le cagnard, de jour comme de nuit, sans sommeil … ça m’excitait autant que ça me faisait flipper. Faut croire que la part maso en moi y voyait un joli challenge.

Vous le savez hein je suis adepte du mode YOLO 😁 Je ne me prends pas trop la tête sur mes courses. J’y vais la fleur au fusil, j’essaie de prendre du plaisir et j’avise sur le tas. Les stratégies d’avant course, la planification, le plan de course, et toutiquanti ce n’est pas vraiment ma signature .

Et pourtant pour une fois j’ai essayé d’y aller quand même un minimum préparé.

Déjà dans la progression kilométrique. Je me suis testé sur un 80 et un 100km avant le jour J, en parallèle de mes marathons. Et j’ai essayé de bouffer du volume constamment. Quoiqu’avec le recul aujourd’hui clairement pas assez. Ma plus grosse semaine dépassait à peine les 100km, et surtout parce qu’il y avait une course de 100km. En moyenne j’étais autour de 70 ou 80, donc autant dire une prépa marathon en gros :p Je savais avant même le départ de la course que j’y allais au talent et au mental . La suite ne fera que confirmer ça.

J- 7 : Derniers préparatifs

Passage chez Décathlon Chantepie, mon partenaire cette année pour mes différentes courses, et dernières emplettes. Je prévois une 2ème frontale notamment car je sais que j’aurais 2 nuits dehors et je préfère éviter le problème matériel en partant juste avec une seule. Je ne suis pas à quelques dizaines de de grammes près.

Qui a dit qu’on n’avait besoin que d’une paire de chaussures pour courir ?


J’ai bien dû faire et défaire mes sacs une demi-dizaine de fois avant vendredi. Je charge. Trop de barda. Je vide. Trop léger. Je remets plus. Vous connaissez la rengaine😅. Ah oui j’ai dis sacs au pluriel car en plus de mon sac de trail sur mon dos pour les 2 nuits, il y a le sac de délestage à mi-parcours dans lequel je prévois une recharge de bouffe, une paire de chaussures, une tenue propre et un essentiel de douche, ainsi que le sac d’affaires propres à l’arrivée pour se changer avant de partir. Eh oui c’est plutôt pratique si on veut éviter de puer le chacal dans le bus pour rentrer à Rennes 😉

J’avais préparé en plus un 3ème sac pour mon assistance, car j’avais un ami qui était censé me rejoindre à mi-parcours samedi. Au final je pars avec trop de poids mort et moins de la moitié me servira. Une bonne leçon pour les prochaines courses.

J-1 : L’insupportable attente

Jeudi je me dis que je vais dormir tôt histoire d’emmagasiner du sommeil. Raté ! je m’endors vers 2h du matin. Les fêtards me réveillent à 3h et à 4h, les employés de la voirie à 5h et les livreurs vers 7h.  Je pars gagnant avec toutes les cartes de mon côté on dirait. Je revérifie mes affaires, je tente de me recoucher une heure ou deux avant de rejoindre Nicolas et Alain qui s’alignent aussi sur le 177 cette année.

Jour J : La libération approche

On arrive à Vannes vers midi. Je retrouve Eric, mon compadre de course et avec qui j’avais terminé les 80KM de l’Ecotrail de Paris trois mois plus tôt. On récupère les dossards, la boite de biscuit collector, petit tour rapide du village et puis avec Alain on va se poser sur un banc pour manger.

L’organisation, sur décision préfectorale, repousse le départ à 19h à cause de la chaleur. Nico nous propose de patienter chez ses parents qui n’habitent pas loin. On accepte volontiers, surtout à la perspective d’un lit et de quelques heures de sommeil. Rien n’y fait le stress monte encore et je n’arrive pas à fermer l’œil. Au moins une douche fraîche me requinque un peu avant de m’habiller pour la course.

J’enfile le t-shirt Haroz non sans émotions en pensant à ce qui m’attend.

On remplit nos poches à eau. J’avais profité la veille de bricoler une enveloppe autour de ma poche avec un sac isotherme pour la protéger de la chaleur et de la transpiration dans le dos. Une idée qui s’avèrera bien utile pour garder une eau relativement fraîche pendant le cagnard.

On repart au port, on dépose les sacs au stade. Je croise pleins de copains addicts, Cathy, Ronan, Frédo, Ingrid, Christophe, Jérémy, Stéphane, Elisa, Julien, Sophie, Thomas, Émir … une belle brochette de coureurs solidaire. Ça rassure de se dire qu’on ne part pas « seul » et qu’on se croisera sans doute sur la course à de nombreux endroits.

Dans la foule avec y’a Gérard, doyen du haut de ses 81ans de cette 15ème édition.😮 On est admiratif et respectueux devant le bonhomme. Il faut en avoir pour s’élancer face au monstre qu’est le grand raid quand on sait le nombre d’abondons qu’il y a chaque année.

On avance un peu plus et on retrouve Christophe et Ingrid. Ingrid l’avait déjà fait l’année dernière et arbore fièrement sa veste finisher. Oh punaise qu’est-ce que j’en ai envie de cette veste ! 😍 177km et (moins de) 42h m’en séparent. Elle nous prodigue d’ultimes conseils.

Cette fois on y est !

Minute d’applaudissements en hommage à la femme de l’organisateur, décédée cette année, puis la musique légendaire.

Les frissons, sont là, tout se mélange, l’excitation, la peur, l’envie, l’euphorie… et on part. La foule qu’il y a au départ sur le port est phénoménale. Des encouragements non-stop nous accompagnent sur plusieurs centaines de mètres.

Premier constat de course il fait trop chaud au départ ! Le soleil tape fort encore à 19h. au bout de 15min de course je suis déjà en sueur. Deuxième constat le plan de course ben on l’a pas respecté 😂  Ah oui parce que avec Eric on était optimiste, on avait planifié heure par heure les arrêts, les pauses, les ravito, les siestes, les allures pour chaque portions :p et du coup pour le départ on s’est dit qu’on  allait partir sur un rythme de 9’ de course / 1’ de marche. Autant dire que le plan a eu une espérance de vie très très courte.

Une vingtaine de minute après le départ, première « grosse cote ». En bon traileurs qui se respectent on marche. C’est à ce moment qu’on croise Alain avec qui j’avais fait le covoit de Rennes. On décide de repartir en semble. On avance aux sensations. Je croise aussi Jérémy de la Team Ruban Bleu avec qui j’avais couru le marathon des Courants de la Liberté à Caen deux semaines auparavant. Que les encouragements échangés et il repart devant.

Les gens qui se baignent dans la piscine d’eau de mer au 5eme km environ nous regardent hébétés. Faut avoir une case en moins quand même pour que 1200 gus décident que l meilleure chose à faire un vendredi soir c’est de cavaler sous 30° 🥵🌡️🌞

Avec le trio Éric / Alain on avance aux sensations. Ça nous réussis bien sur cette première partie. Plat on trotte, montée on marche, descente on court, au besoin on remarche. Sans forcer on avance à notre rythme et on rigole tandis que la troupe s’étire.

Les paysages sont vraiment beaux. On arrive bientôt à l’endroit où l’année dernière il y avait eu des bouchons énormes. La marée basse cette année nous épargne cette épreuve supplémentaire. Je comprends les blessures de certains l’année dernière quand je vois les rochers.

On croise beaucoup de gens sur les plages et qui nous encouragent. Ça fait vraiment plaisir. On entend aussi « vous êtes fous de courir sous le soleil ». Faut dire que 20h passée le soleil tape encore. Heureusement qu’une petite brise rend l’atmosphère supportable.

Je ne regrette pas mes 2,5 litres de flotte sur moi. Pour le moment le poids du sac ne se fait pas ressentir. Au dixième km je me dis que je suis dans la merde. Mon aponévrose s’invite dans la danse. Je me dis que je vais en chier. Bon après je sais pourquoi j’ai signé, j’accepte la douleur et j’en fais abstraction. Après tout elle s’était aussi invitée sur le marathon de Caen et ça ne m’avait pas empêché de le terminer … au détail près que là on est à 10-11KM environ vs apparition au 17ème à Caen et que là il me reste l’équivalent de 4 marathons encore 😀👌🏼 Youhouuuu ! ça va être la joie ! Je tente de faire abstraction, je refais les lacets et je force le pas. La douleur finit par s’estomper (sans vraiment disparaître).

On passe le premier ravito vers le KM13. J’y croise Emir et Thomas qui faisaient l’assistance de Sophie. On échange quelques mots. On recharge nos réservoirs, je mange quelques chips, un verre de coca et un de St-Yorre, je remplis un petit zip d’un mélange salé (chips, tuc, fromage) et avec le trio on repart en marchant et en mangeant.

Il fait encore jour mais le coucher du soleil approche et le soleil bas à l’horizon donne droit à de jolis paysages avec cette lumière chatoyant rasante. On n’hésite pas à profiter des panoramas que nous offre le golfe mais on continue à avancer et alterner course et marche tant qu’on est frais.

Des groupes se font et se défont sur le parcours. On sympathise, on échange et on avance dans une humeur bonne enfant. Beaucoup de nouveaux sur la distances. Quelques vétérans. Tous le me conseils « économisez-vous, buvez beaucoup d’eau, mangez salé, essayez de dormir quand vous pouvez, avancez tant qu’il fait frais … » En tant que novice, j’essaie de prendre note de leurs expériences.

Les ennuis arrivent pour Alain, le tuyau de sa poche à eau a sauté et du coup il vidange son contenu. Heureusement qu’in a aussi une flasque et qu’on a de la réserve qu’on partage avec lui la flotte jusqu’au prochain ravito.  Quelques km plus loin on tombe sur un Monsieur qui a sorti le tuyau d’arrosage devant sa maison et qui nous offre la douche J J’en profite pour bien me rafraichir parce que mine de rien avec l’effort, le poids du sac, 25° ça pique quand même. Je mouille la casquette et les avants bras pour dissiper la chaleur et Alain en profite pour refaire son stock d’eau.

On repart rafraichi et de bonne humeur. Les paysages s’enchaînent et c’est toujours beau.†


Deuxième ravito, on sort les frontales car la nuit va bientôt tomber et on rentre dans une zone assez boisée. Les premiers ennuis apparaissent. La nourriture ne passe plus. Mon estomac se noue. Plusieurs pieds se prennent dans les racines. Plusieurs jurons. Ça monte un peu dans ces sous-bois, beaucoup de sable aussi, quelques chutes.
Et des errances de parcours. Très peu de balisage réfléchissant sur cette portion. On ne voyait pas la rubalise plastique de nuit et donc forcément on va dans de mauvaises directions. Heureusement qu’on avait chargé le tracé gpx sur nos montres avec Éric et dès qu’on avait un doute on comparait. Ça nous a sauvé plus d’une fois. Et ça m’aurai été utile encore plus d’une fois sur la suite de la course.

On arrive assez tard au port du Bono mais toujours en avance sur la barrière horaire. Et puis sur le plan initial on n’a que 20 minutes de décalage. On reste optimiste. Alain en profite pour voir les podologues. Les premières ampoules font leurs apparitions.

A la tante des secours, les premiers abandons se font signaler aussi. Pendant qu’Alain se fait soigner j’en profite pour manger chaud, changer de chaussettes (dans ma stratégie j’avais prévu 4 paires, en gros une toutes les distances marathons plus ou moins), me masser les pieds et je m’allonge sur un banc une dizaine de minutes. Avec l’effervescence du poste de ravito, impossible de fermer l’œil. Je décide d’aller faire une pause technique dans les toilettes. Faut croire que certaines personnes ont des problèmes pour viser. Scientifiquement la gravité fait descendre ça normalement dans un seul sens, mais certains doivent avoir des dons spéciaux pour viser à 360°. Je repars avec mon chargement intact. Je vidangerai plus loin à la belle étoile. Rien de mieux que la nature 😀

Je check avec ma mère qui se fait un sang d’encre.  Je la rassure en lui disant que je suis bien entouré et que de toute façon y’a un staff médical qui entoure les concurrents et que de toute façon j’avais fait pire et que j’avais signé pour souffrir 177 bornes pas une de moins. Penny aussi m’appelle pour prendre de mes nouvelles car l’appli montrait que j’étais à l’arrêt depuis 3h.

Au final une trentaine de minute d’arrêt à ce ravito. Je prends des nouvelles des autres concurrents. Je lis vos messages et ça me réchauffe. Je mets mon casque audio pour la nuit Car je sais que chacun va être un peu dans sa bulle à ce moment. J’ai prévu quelques podcast, musiques et BO diverses pour m’accompagner pour cette première nuit.

On repart du ravito, des passants, légèrement en état d’ébriété, nous proposent une partie de foot. On échange quelques passes. Ils nous proposent des bières 😀🍻 On finit par repartir, traverser le pont et on s’enfonce dans la nuit.

Ça commence à être un peu dur avec plus de 50km dans les pattes. L’allure a bien chuté. La température pas tant que ça encore. On avance en file indienne. Chacun menant l’allure à tour de rôle. On court un peu dès que le terrain s’y prête. Le groupe reste encore bien soudé. La nuit passe sans encombres particulières. La fatigue se fait ressentir, on parle moins les jambes commencent à être lourdes et perso j’ai mes premières ampoules qui apparaissent. Mais pas de crampes ou de douleurs. Y’a bien ma tendinite qui me lance par à-coups comme une vielle coccinelle diesel qui a un problème de carbu et qui refuse de démarrer ou comme un vieil alcoolique qui a le hoquet et qui essaye d’épeler anticonstitutionnellement.

C’est marrant les discussions qu’on peut avoir entre coureurs en plein milieu de la nuit dans la pampa. Entre ceux qu’on connait au départ et ce qui se greffent au groupe des amitiés se créent et on se retrouve à parler de tout et de rien. Tous les sujets y passent ; famille, enfants, mariage, travail, bouffe, voiture, loisirs, planning de course bien évidemment, politique, économie … J’ai même eu droit à ce qui ressemble à une proposition ! d’embauche hein pas de mariage 😜 Mais aussi des sujets importants; j’ai le souvenir à un moment d’avoir même parlé cuisson de pâtes.

On croise quelques bénévoles et signaleurs sur la route. C’est les meilleurs franchement. Ils nous encouragent et nous motivent à continuer. Des fêtards sur les rivages du golf. Certains proposent des coups. On remercie et on continue à avancer. On essaye de rester concentré sur le parcours et de faire attention au balisage. Le tracé gpx nous sauve encore 2 fois. Dans quelques heures le soleil se lève. On a hâte de retrouver les premiers rayons de soleil. Déjà plus du 1/3 de la course de fait. Un peu plus d’un semi avant la traversée.

On arrive vers 8h30 à un point d’eau. Rebelote : pause technique, recharge de flotte, une compote, quelques chips, un coca, de la St-Yorre. On discute avec les bénévoles toujours au top/ on apprend que c’était une barrière horaire ce ravito mais qu’avec le décalage du départ c’est 9h au lieu de 8h. On respire mais tout de même un peu inquiet car 1) la barrière n’était pas notée sur le tableau qu’on a imprimé et 2) l’écart commence à sérieusement se creuser par rapport au prévisionnel.

La nuit a eu son lot et a bouffé pas mal de coureurs. 15 à 20% d’abandons déjà d’après un bénévole responsable du pointage. On profite quand même des barnums pour se poser, prendre soin des bobos et se reposer un peu. Je me masse les pieds, re-tartine de vaseline et m’allonge une dizaine de minutes. Impossible de vraiment dormir mais au moins ça soulage le dos. Eric tient la forme. Mes ampoules ne me dérangent pas trop encore et le café me fait oublier la fatigue. On repart mais Alain est un peu dans le mal.

A défaut de courir on essayer de garder une marche cadencée. La musique dans les oreilles aide. Vos sms et messages de soutiens sur Insta, Fb, WhatsApp font plaisir🥰😘. Un pote ultratraileur et pompier me suit sur l’appli et survole la zone en ce moment en hélico. Il me rassure en me disant que je suis dans les temps pour terminer avec une belle avance. Perso je doute vu l’état des troupes. Beaucoup de gens marchent. On dirait un défilé d’éclopés ou de figurants d’un film de zombies. J’ai déjà vu des papys en déambulateur avancer plus vite.

Ça s’étire beaucoup et on dépasse pas mal de monde mal en point. On essaie de les encourager. On propose aux gens de se greffer à nous pour avancer. Mais on finit vite par se retrouver seuls en ce samedi matin. On passe par un village et un papy nous propose des rafraîchissements et nous enjoins de nous magner le derche pour pas rater le dernier zodiac pour la traversée Il nous reste 10 ou 12 km et environ 2h. Assez mais pas de grosse marge. On est dans le dur et le besoin de dormir se fait sentir pour la première fois chez moi. Le soleil n’aide pas trop.

Beaucoup de bitume sur cette partie. Les pieds font mal. L’idée qui était bonne il y a 6 mois le parait beaucoup moins là. Je commence à me dire qu’il y aura bien une deuxième nuit et que j’arriverai eu petit matin dimanche. Oui je suis optimiste. Bon c’est qu’à ce point il y a un mois à Steenwerck pour les 100km j’avais commencé à avoir des hallucinations. Pour le moment à part la fatigue, les ampoules et l’envie de dormir, le reste des signaux est au vert.

On croise des bénévoles et les infos contradictoires commencent. 🤦🏻‍♂️

 « Il vous reste 2km »
 Cool
« Il vous reste 3km »
Bon ok il a fait une erreur
« Il vous reste pas beaucoup … 5 ou 7km »
Whaaaaat ?😫

Un des points noirs de cette course (comme d’autres d’ailleurs faut avouer) de ne pas donner des indications précises aux bénévoles qui essaient de nous soutenir mais qui en nous donnant des informations contradictoires nous plongent plus dans la confusion à des moments où on n’en n’a pas forcément besoin. Mais je ne comprends pas un truc qui pourtant est simple. Tu es organisateur d’une course, tu installes des gens à un endroit précis du parcours pour être signaleur ou pointeur ou je ne sais quoi, tu dois bien savoir quel le km précis (à quelques centaines de mètres près à la rigueur) où ils sont positionnés non ?  C’est compliqué de leur dire « Hé Catoche tu seras au point d’eau du km 68 » « Hé Jean-mich tu es signaleur au km 79 » ??? 🤔

Bref on a du cavaler la boule au ventre et la peur de la barrière horaire qui nous poursuivait et nous brulait sur 5km ou plus jusqu’à arriver sur un chemin au bout duquel, à 600m peut-être, on voyait l’embarcadère. On passe le poste de pointage 10min avant la limite. Derrière nous environ 5 personnes passent avant qu’on entende les bénévoles dire « c’est terminé ». Ils finissent par avoir de la clémence et de rallonger de quelques minutes la barrière pour quelques derniers concurrents. Là aussi un lot de gens attend la navette pour les abondons.

A ce point environ 50% de la course est fait. On est cuit. Littéralement je n’ai plus de forces. On est plusieurs à attendre le départ d’un zodiac et on fait la remarque à un membre de l’orga.

Vous pourriez bien à défaut d’installer des indications kilométriques, dirent au bénévoles à quel km ils sont pour pas nous embrouiller plus que nous ne le sommes avec le manque de lucidité dû à la privation de sommeil ?
Oui mais non c’est compliqué vous savez. Et puis c’est un trail.

Mon c*** oui !!! 😡😡😡Déjà vu la quantité de bitume, pour la dénomination « trail » on repassera, et pour avoir fait quantité de trails et d’autres courses natures sur le GR34 notamment, plus d’une fois on avait des pancartes avec des indications kilométriques. Un peu comme sur les marathons en somme. Ils trouvent bien le moyen de peindre des flèches réfléchissantes au sol et de planter des bâtons avec des rubalises dans le sol. C’est compliqué à ce point de planter une pancarte avec un chiffre écris dessus ? Vous l’aurez comprise, avec mes deux acolytes de galère, on l’a mauvaise et je fulmine un peu. Et je ne suis pas seul. Sur place et durant le parcours plusieurs ont fait la même remarque.

On est quand même soulagé d’avoir passé la BH et d’avoir atteint ce point. Les bénévoles nous équipent de poncho et de gilets de sauvetages et on prend place dans l’avant dernier zodiac. Ça fait un bien fous de sentir la brise marine et le mouvement du zodiac fendant les eaux à grande vitesse.

Certains tombent de sommeil dans le zodiac pendant ces 10 minutes que dure la traversée du golf.

Si vous avez regardé mon tracé sur Strava ça explique le kilomètre à moins de 2’ 😅 J’avais oublié de mettre en pause ma montre. Ce qui fait qu’à l’arrivée de l’autre coté en plus du delta habituel entre la montre et le circuit officiel, les montres gps n’étant pas précises à 100%, il y avait aussi la distance de la traversée. A ce point faire une soustraction devient dur.

On sort engourdi du zodiac avec l’aide du pilote. Une grosse fraîcheur s’installe. On prend la direction du stade à Arzon. Encore 5km normalement avant le gros ravito de mi-course.

Sur place je recroise Gérard, 81 ans, en bonne forme et avec le sourire qui termine de se changer et qui s’apprête à repartir.

Beaucoup de personnes allongés abandonnent pour diverses raisons. Certains avec qui j’avais discutés sur la course sur la première portion. Ça fout quand même un coup au moral.  

Alain nous annonce qu’il jette l’éponge lui aussi. Après le 87 l’année dernière, il aura découvert la première partie du grand raid cette année. Revanche dans un an ? Mais cette année les douleurs ont eu raison de lui. Encore un tombé au combat dans cette bataille contre le Grand-Raid. 😕Et on n’est qu’à mi-parcours !

Le trio : Eric, Alain et moi

La suite très bientôt 😉 >>>

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